Réparation digue Isère à Cruet & restauration du lit

L’enfoncement du lit de l’Isère consécutif aux extractions massives de matériaux graveleux réalisées entre 1950 et 1980 a nettement dégradé la protection en enrochement de certains tronçons de digue de la Combe de Savoie.

La digue rive droite de l’Isère en aval du pont des Anglais est identifiée comme un tronçon prioritaire devant faire l’objet de travaux afin de réparer la protection en enrochements côté rivière.

Les accès au lit de l’Isère pour réparer la digue rive droite permettent aussi d’intervenir sur les atterrissements végétalisés présents dans ce secteur. Aussi, les travaux sur la digue rive droite ont été combinés avec des travaux de restauration du lit.

Réalisation du batardeau
Réalisation du batardeau
Mise en place de la couche de transition
Vue d'ensemble du chantier
Pose des enrochements
Travaux à l'abri du batardeau
Terrassement et export des matériaux limoneux
Remodelage des bancs de galets

› Le linéaire d’intervention

Le chantier s’est déroulé sur deux zones distinctes :

  • Zone 1 : en aval du pont des Anglais, la digue rive droite de l’Isère a été réparée sur un linéaire de 1025m et 2 atterrissements végétalisés ont été arasés.
  • Zone 2 : en amont du pont de Coise, dans la continuité des travaux conduits en 2018, un atterrissement végétalisé a été arasé.

› Renseignements administratifs

Le SISARC intervient en tant que maitre d’ouvrage des travaux de restauration, en partenariat avec l’Etat propriétaire du lit et des digues de l’Isère.

Organisation

  • Maître d’ouvrage : SISARC
  • Maître d’oeuvre : Hydétudes Alpes du Nord
  • Entreprises en charge des travaux : SOCCO

Montant des travaux

  • Travaux sur la digue : 1 494 676.80 € TTC
  • Travaux de restauration du lit : 335 583.60 € TTC

Financement

  • Travaux sur la digue : 100% du montant hors taxe des travaux
  • Travaux de restauration du lit :

    • Etat : 41,67 % du montant TTC des travaux
    • EDF : 33,33 % du montant TTC des travaux
    • Agence de l’Eau : 25 % du montant TTC des travaux

L’opération de restauration fait l’objet d’une collaboration forte avec les acteurs intéressés par la gestion de l’Isère. Ainsi, les aspects techniques de la démarche sont examinés dans un comité technique spécialisé composé des services de l’Etat (DDT de la Savoie, DREAL Rhône Alpes), de l’Agence de l’eau, d’EDF, du CENS, du laboratoire d’écologie Alpine de l’Université de Grenoble et de la Fédération de Savoie pour la pêche et la protection des milieux aquatiques.

› Principe des travaux de réparation de la digue

Les travaux de confortement sur les digues en rive droite ont été conduits entre septembre 2020 et mars 2021. Les travaux de réparation consistent à reconstituer la partie inférieure de la protection en enrochements qui est aujourd’hui déstructurée suite à l’enfoncement du lit.

Sur une durée d’environ 8 mois, ce sont environ 40 000 tonnes de blocs qui ont été mis en place. Les blocs d’enrochements libres sont posés à la pelle et soigneusement agencés les uns par rapport aux autres. Pour mener à bien ces travaux de réparation, des moyens importants ont été mobilisés : 4 pelles et 2 tombereaux  sont intervenus à l’abri du batardeau.

Une fois la réparation achevée, le batardeau a été démantelé et le lit de l’Isère a été remodelé pour finaliser le travail de restauration.

› Principe des travaux de restauration

Travaux d’arasement des atterrissements

L’objectif des travaux est d’obtenir un état restauré à la fois le plus intéressant possible du point de vue écologique et le plus propice à être pérennisé.
Les travaux commencent par le déboisement et le débroussaillage des atterrissements, ils se poursuivent ensuite par le terrassement et l’export des matériaux limoneux. Au total durant ce chantier, les travaux de terrassement et de mise en dépôt concernent 45 000m3 de limons.

Pour finir, un remodelage des bancs de galets, notamment afin d’assurer la réouverture de bras secondaires fonctionnels, peut être effectué en fonction de la géométrie du toit des galets découverte après enlèvement des limons.

Cette intervention complémentaire présente un double intérêt :

  • un intérêt indiscutable pour la faune piscicole ;
  • un intérêt sur la pérennisation des travaux puisque les bancs de galets déconnectés de la berge, comme ils l’étaient à l’origine, sont moins sujets à la réinstallation de la dynamique de lit amoindri ;

Les coupes visibles ci-dessous illustrent les principes de restauration du lit de l’Isère.

Mise en dépôt des limons

Conformément à la réglementation en vigueur, l’ensemble des atterrissements du lit de l’Isère en Combe de Savoie a fait l’objet d’une importante campagne d’échantillonnage, puis d’essais en laboratoire permettant d’étudier la qualité des sédiments extraits du lit. C’est au total 250 prélèvements qui ont été utilisés pour produire 159 échantillons.

Les analyses chimiques ont permis de montrer les limons extraits du lit de l’Isère pouvaient être mis en dépôts dans des plans d’eau, notamment pour restaurer d’ancienne gravière en zone humide, ou mis à terre pour renforcer les digues.

Les limons extraits lors de cette tranche du chantier de restauration, ont été ainsi mis en dépôt dans la carrière de la Chavanne (installations VICAT).

› Et après … ?

Poursuite des travaux d’arasement

Dans le cadre du PAPI n°2, une nouvelle campagne d’arasement des atterrissements est prévue entre août 2021 et mars 2022.  Ces travaux vont essentiellement être située à l’amont de confluence avec l’Arc, sur le secteur entre le pont de Grésy-sur-Isère et le pont de Frontenex.

Pérennisation des travaux

A l’issue des travaux d’arasement décrits ci-avant, pour éviter que les atterrissements ne se redéveloppent, il est nécessaire d’examiner la possibilité de traiter les causes du problème, en particulier la disparition des hautes eaux annuelles qui permettaient en quelque sorte « l’auto entretien » du lit.

Le volet pérennisation repose sur la combinaison de deux types d’actions :

  • l’amélioration des conditions « d’auto-entretien » de la rivière par le rétablissement de hautes eaux plus fréquentes, qui sera d’abord expérimentalement testée ;
  • des travaux d’entretien du lit restauré, notamment par des interventions mécaniques portant essentiellement sur la végétation, mais aussi potentiellement sur les substrats ;

 

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