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Restauration du lit de l’Isère : hiver 2016-2017

Depuis les années 1990, le lit de l’Isère est le siège d’une métamorphose importante qui modifie totalement son style alluvial. Cette métamorphose transforme un milieu initialement à forte dynamique occupé par des espèces pionnières, en un milieu figé siège d’une végétation terrestre ou d’espèces envahissantes. Ce phénomène porte le nom de « dynamique de lit amoindri ».

Aujourd’hui, l’Isère ne parvient ni à entretenir ni à régénérer la totalité de l’espace intra-digue. La dynamique de lit amoindri est préjudiciable, tant pour la sécurité publique que pour la biodiversité et l’environnement.

Au regard de ce diagnostic, incompatible avec les objectifs de « bon état écologique » de la Directive Européenne sur l’Eau, un programme de restauration du lit endigué de l’Isère a été initié. L’Isère, ayant dépassé son seuil de résilience, des interventions mécaniques sont nécessaires pour parvenir à cet objectif.

Terrassement des limons
Terrassement des limons
Atterrissement après déboisement
Ouverture de bras secondaires
Ouverture de bras secondaires
Mise en dépôt en gravière

› Le linéaire de lit restauré

Entre janvier et avril 2017 les travaux de restauration du lit de l’Isère vont se dérouler sur deux secteurs :

  • Zone amont : tronçon de 2,5km entre la confluence de l’Arc et le pont de Grésy-sur-Isère
  • Zone aval : tronçon de 2,5km entre le Pont Morens à Montmélian et la route de Cruet (Route départementale RD11)

› Renseignements administratifs

Le SISARC intervient en tant que maitre d’ouvrage des travaux de restauration, en partenariat avec l’Etat propriétaire du lit de l’Isère.

Organisation

  • Maître d’ouvrage : SISARC
  • Maître d’oeuvre : EGIS-CNR-Ecosphère
  • Entreprises de travaux :

» Déboisement : Bois des Alpes

» Terrassement : Groupement VINCI Terrassement – BENEDETTI GUELPA

Montant des travaux

  • 1 978 960 € TTC

Financement

Le financement de l’opération est réparti comme suit :

  • Etat : 41,67 % du montant TTC des travaux
  • EDF : 33,33 % du montant TTC des travaux
  • Agence de l’Eau :  25 % du montant TTC des travaux

L’opération de restauration fait l’objet d’une collaboration forte avec les acteurs intéressés par la gestion de l’Isère. Ainsi, les aspects techniques de la démarche sont examinés dans un comité technique spécialisé composé des services de l’Etat (DDT de la Savoie, DREAL Rhône Alpes), de l’Agence de l’eau, d’EDF, du CENS, du laboratoire d’écologie Alpine de l’Université de Grenoble et de la Fédération de Savoie pour la pêche et la protection des milieux aquatiques.

› Principe des travaux de réparation

Travaux d’arasement des atterrissements 

L’objectif des travaux est d’obtenir un état restauré à la fois le plus intéressant possible du point de vue écologique et le plus propice à être pérennisé.
Les travaux commencent par le déboisement et le débroussaillage des atterrissements, ils se poursuivent ensuite par le terrassement et l’export des matériaux limoneux. Au total durant l’hiver 2016-2017, les travaux de terrassement et de mise en dépôt concernent 200 000m3 de limons.

Pour finir, un remodelage des bancs de galets, notamment afin d’assurer la réouverture de bras secondaires fonctionnels, peut être effectué en fonction de la géométrie du toit des galets découverte après enlèvement des limons.

Cette intervention complémentaire présente un double intérêt :

  • un intérêt indiscutable pour la faune piscicole ;
  • un intérêt sur la pérennisation des travaux puisque les bancs de galets déconnectés de la berge, comme ils l’étaient à l’origine, sont moins sujets à la réinstallation de la dynamique de lit amoindri ;

Les coupes visibles ci-dessous illustrent les principes de restauration du lit de l’Isère.

Mise en dépôt des limons

Conformément à la réglementation en vigueur, l’ensemble des atterrissements du lit de l’Isère en Combe de Savoie a fait l’objet d’une importante campagne d’échantillonnage, puis d’essais en laboratoire permettant d’étudier la qualité des sédiments extraits du lit. C’est au total 250 prélèvements qui ont été utilisés pour produire 159 échantillons.

Les analyses chimiques ont permis de montrer les limons extraits du lit de l’Isère pouvaient être mis en dépôts dans des plans d’eau, notamment pour restaurer d’ancienne gravière en zone humide, ou mis à terre pour renforcer les digues.

Les limons extraits lors du chantier de restauration, seront ainsi mis en dépôt dans la gravière de Pré la Chambre (commune de Chamousset) et dans les carrières de Laissaud et de la Chavanne (installations VICAT).

La gravière de Pré La Chambre sera réaménagée comme suit :

  • Les 2/3 Nord-Est seront remblayés pour former une zone humide, et créer une mosaïque d’habitats favorables au développement d’hélophytes, de roselières aquatiques et de saulaies.

    Cet aménagement constitue une valorisation écologique du site, favorable à la conservation de la biodiversité à l’échelle de la Combe de Savoie.
  • Le 1/3 Sud-Ouest conservera une profondeur d’environ 5m pour permettre la pratique de la pêche.

› Et après … ?

Poursuite des travaux d’arasement

A court terme, dans le cadre du PAPI n°2, une seconde campagne d’arasement des atterrissements est prévue entre août 2017 et mars 2018. Ce sera environ 200.000m3 de matériaux supplémentaires qui devraient être arasés lors de cette seconde phase.

A moyen terme, les travaux devront se poursuivre sur les secteurs non traités dans le cadre du PAPI n°2, à l’aval, sur un secteur restreint au droit de la Commune de Cruet, à l’amont sur le secteur entre le pont de Grésy et le pont de Frontenex.

Pérennisation des travaux

A l’issue des travaux d’arasement décrits ci-avant, pour éviter que les atterrissements ne se redéveloppent, il est nécessaire d’examiner la possibilité de traiter les causes du problème, en particulier la disparition des hautes eaux annuelles qui permettaient en quelque sorte « l’auto entretien » du lit.

Le volet pérennisation repose sur la combinaison de deux types d’actions :

  • l’amélioration des conditions « d’auto-entretien » de la rivière par le rétablissement de hautes eaux plus fréquentes, qui sera d’abord expérimentalement testée ;
  • des travaux d’entretien du lit restauré, notamment par des interventions mécaniques portant essentiellement sur la végétation, mais aussi potentiellement sur les substrats ;

Les réflexions sont d’ores et déjà engagées notamment par la mise en œuvre d’un modèle physique construit par EDF au Laboratoire National d’Hydraulique et d’Environnement (LNHE) basé à Chatou.
Le travail de suivi des évolutions du lit de l’Isère se poursuit, notamment via à des reconnaissances de terrain et l’acquisition de données LIDAR.
Ce suivi est appelée à se poursuivre et à s’intensifier à l’issue des travaux de restauration afin d’alimenter le retour d’expérience et de tirer les enseignements des différentes configurations testées (formes des bancs, chroniques hydrologiques, traitement de la végétation…).

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